
Les prairies sont des écosystèmes ouverts dominés par une végétation herbacée (non ligneuse).
Les prairies tempérées typiques, comme celles du Canada, se rencontrent dans des régions où l'humidité est faible, les hivers froids et les sols profonds et fertiles.
À cause de la rareté de l’eau, les plantes développent un système racinaire extrêmement important qui représente au 50 % ou plus de leur biomasse totale.

Les prairies sont l'habitat de nombreuses espèces, dont beaucoup sont menacées.
Dans un écosystème façonné par les périodes de sécheresse, les prairies sont essentielles à l'infiltration de l'eau dans le sol, assurant ainsi un débit de base aux rivières et aux ruisseaux, et retenant l'eau lors des crues.
Elles jouent également un rôle important dans le stockage du carbone, les prairies intactes se révélant particulièrement efficaces pour la séquestration et le stockage à long terme grâce à leurs réseaux racinaires profonds et étendus.

Les prairies tempérées produisent des sols appelés Chernozems, qui sont les plus productifs au monde.
Chaque année, toute la végétation se dépose à la surface du sol et une partie des racines meurt.
Cette matière organique est efficacement décomposée et intégrée au sol minéral par l’action de la pédofaune et des microorganismes.
La décomposition de ces résidus est habituellement complète après trois à quatre années.

Les prairies indigènes sont aujourd’hui rares.
En effet, la richesse en matière organique et en éléments nutritifs du sol des prairies a conduit à leur disparition au profit du développement de grandes cultures.
La majeure partie des prairies ont disparu au Canada avant les années 1930, de nos jours, on estime que 70 à 80% des prairies du Canada (99% dans le sud de l'Ontario) ont été converties en terres cultivées ou détruites pour le développement industriel et urbain.

Selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), les prairies tempérées sont les écosystèmes les moins protégés et les plus menacés de la planète.
Une fois qu'une prairie est labourée, qu'elle soit ensemencée pour produire du foin ou laissée à la revégétalisation, la prairie est rapidement colonisée par quelques graminées européennes dominantes, devenant une "friche" ou un écosystème simplifié.
La biodiversité est réduite et seules les espèces les plus adaptées survivent à ce nouvel environnement.
Dans un contexte résidentiel, la pelouse ou le trèfle sont généralement privilégiés, les prairies fleuries demeurant méconnues, tant par leur disparition historique que par des habitudes culturelles bien ancrées.
D'après la NASA, les pelouses représentent environ 20 millions d'hectares aux Etats Unis (donc des millions d'hectares au Canada) formant l’une des plus vastes cultures en Amérique du Nord.
Le secteur résidentiel constitue ainsi une opportunité idéale pour l’implantation de prairies fleuries.